Votre capacité à vous projeter dans l’avenir est de loin votre meilleur mentor

Votre capacité à vous projeter dans l’avenir est de loin votre meilleur mentor

Votre capacité à vous projeter dans l’avenir est de loin votre meilleur mentor

Voici pourquoi nous changeons et en quoi cela vous rendra plus performant en tant que leader.
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Introduction

En tant qu’être humain, nous avons une tendance à penser que ce que nous sommes aujourd’hui est une version aboutie de nous-même. Les recherches en psychologie montrent pourtant le contraire.  Nous évoluons en permanence et sur des périodes de 10 ans, nous tendons à changer nos priorités, nos désirs, nos goûts et nos envies d’engagement. Lorsque nous choisissons de diriger ou de prendre un certain leadership dans nos activités professionnelles, cela appelle une réflexion régulière pour mettre en perspective nos envies et notre « moi futur » de dirigeant. Voici quelques stratégies pour vous aider et garder le contrôle de vos choix de leader, de votre vie et surtout, de votre motivation.

avenir du leader

👉 Dans son TED Talk, le Dr Daniel Gilbert, psychologue à Harvard, démontre pourquoi nous développons l’idée que nous serons à l’avenir la même personne qu’aujourd’hui, alors que rétrospectivement nous admettons parfaitement avoir beaucoup changé en 10 ans, de manière intentionnelle ou non.

Définition du moi futur

La notion de moi futur est un concept qui met en perspective le moi passé, le moi présent et le moi futur. Le moi futur représente alors les idées qu’a un individu de ce qu’il pourrait devenir, ce qu’il aimerait devenir ou même, de ce qu’il a peur de devenir (et souhaite éviter de devenir).

#1. Développer une conscience active

Un petit schéma va vous y aider :

avenir du leader

👉@Isabelle CHAM – Spark Life Success

le « moi aujourd’hui » est ce que je veux et ce dont j’ai besoin en ce moment. Le « nous aujourd’hui » est ce que les gens les plus proches de moi veulent et ont besoin en ce moment que je fasse pour eux. Le « moi demain» est la partie de moi-même où siègent mes désirs d’avenir, parfois les plus secrets, parfois les plus intimes et pleins de sagesse.  Le « nous demain » est le monde tel que j’ai envie de le laisser à ceux que j’aime ou à ma collectivité. La conscience active nous permet de faire des choix pour nos besoins actuels mais aussi futurs. Une personne ayant une conscience active, a la capacité de réagir aux événements mais aussi de les façonner. Le présent lui permet de transformer les opportunités pour trouver de nouveaux moyens d’action. La conscience active extrapole des futurs potentiels et les combine. A l’inverse, la conscience passive cherche à satisfaire les besoins présents, purement temporels. Les valeurs passives et actives ne sont pas en opposition : il existe des réponses passives (je ne réalise pas mon budget ce trimestre, je dois prendre les devants pour expliquer pourquoi à ma direction) et actives (je ne réalise pas mon budget ce trimestre mais j’ai une stratégie à proposer pour diversifier mon chiffre d’affaires sur le reste de l’année) potentielles à chaque situation. Bien qu’une prise de conscience active soit accessible à tous, tout le monde ne la cultive pas, même parmi les leaders. Elle doit être mise en pratique régulièrement mais d’abord pour soi, afin de répondre à la question : qui suis-je aujourd’hui et jusqu’où je désire aller à l’avenir.

avenir du leader

👉 Le chercheur Hal Hershfield, qui s’intéresse en particulier dans ses recherches, à ce qui aide les personnes à prendre des décisions qui les engagent sur le long-terme, a démontré que lorsque l’on projette à des étudiants leurs propres visages vieillis par la réalité virtuelle, ils sont plus enclins à souscrire à une assurance retraite complémentaire que ceux qui ne voient que leur visage actuel dans le miroir.

#2. Combler l’écart entre présent et futur

Comment pouvons-nous combler le fossé entre le moi actuel et futur ? Une approche consiste à garder notre avenir dans notre ligne de mire. Dans une étude datant de 2011, des chercheurs ont constaté que les gens sont plus susceptibles de faire des choix en faveur d’un moi futur, dès lors qu’ils peuvent visualiser leurs projets et développer de l’empathie pour ces projets. Ce concept est appelé auto-continuité ou la capacité de se projeter clairement dans une vision, comme si on l’avait déjà réalisée. Lorsque nous voyons notre moi futur aussi clairement et notre moi présent, nous sommes plus motivés à faire des choix et à faire preuve d’audace pour parvenir à cette vision. Par ailleurs, ceux qui peuvent voir leur avenir comme une extension directe de ce qu’ils sont maintenant, sont plus susceptibles d’agir d’une manière adéquate pour y parvenir. A ce titre, notre moi futur peut devenir un mentor naturel pour chacun et nous aider à nous concentrer sur ce qui compte vraiment dans l’instant présent, pour faire émerger le futur souhaité. S’identifier à son moi futur, c’est comme travailler à rebours sur un objectif. Lorsque vous savez ce que vous voulez à l’avenir, vous pouvez agir et planifier en conséquence vos actions au présent.

​#3. Rester pragmatique

Parler de futur et encore plus du moi futur est généralement anxiogène. C’est la raison pour laquelle la plupart des personnes évitent la question et la relègue soit à un exercice impossible pour eux, soit au domaine de l’ésotérisme. En restant pragmatique, il est pourtant impossible de se tromper. Voyons plutôt ! Si vous ne faites rien aujourd’hui pour imaginer votre futur et que vous n’agissez pas, ce qui est prévisible, c’est qu’il ne va rien se passer. Si vous imaginez votre futur et que vous décidez d’agir mais sans chercher à valider si vous faites des progrès ou si vous avez besoin d’ajuster des choses, le résultat est tout aussi prévisible que dans le premier cas ! Il ne se produira rien ou peu de ce que vous désirez au départ. Si vous apprenez à passer à l’action, de manière pragmatique, tout en ajustant vos résultats à la réalité, vous vous approcherez infailliblement de votre but. Rester pragmatique, c’est « vivre maintenant notre futur » et cela signifie : savoir réorganiser nos priorités en faveur de ce que nous voulons à l’avenir. C’est toute la difficulté ! Si vous avez 5 kilos à perdre avant l’été, pour obtenir ce résultat, vous devez vivre le présent comme si vous étiez délesté de votre surplus de poids et changer vos habitudes alimentaires. Tant que vous vous projeter dans l’avenir, votre objectif semble toujours s’éloigner. Dans le cas d’un régime, vous vous heurtez plus facilement à la frustration et à la procrastination. C’est exactement le même phénomène avec nos projets professionnels ou d’équipe. Un leader doit rendre le futur aussi présent que possible, d’abord à lui-même, même et surtout s’il n’y a pas résultat immédiat. Les grands leaders qui transforment une culture d’entreprise ou innovent avec leurs équipes, sont à la fois capables de voir les décisions nécessaires au présent mais aussi à rendre l’avenir aussi présent que possible pour toutes leurs équipes.

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Le brown-out des leaders

Le brown-out des leaders

Le brown-out des leaders

Comment éviter que vos fonctions perdent tout leurs sens ?
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Les cadres, PDG et avocats d’affaires seraient les plus touchés

Depuis quelques années nous entendons parler du brown-out qui vient s’ajouter à celle du burn-out (épuiser toutes ses batteries) et du bore-out (mourir d’ennui). Le brown-out est aujourd’hui considéré comme une pathologie, qui conduit à un affaiblissement psychique profond. Le métier que l’on exerce perd tout son sens et finit par atteindre la vie privée et les relations. En cause l’accélération des technologies qui enlève de l’intérêt aux métiers décisionnels en particulier. Les victimes sont principalement des personnes brillantes, formées, capables d’avoir des responsabilités et de les assumer mais qui perdent le sens de leur mission. Le brown-out est causé par la réalisation de tâches répétitives, non stimulantes et dévalorisantes. La personne a alors l’impression que son travail est non seulement inutile, mais en plus qu’il étouffe son potentiel. Le premier à avoir mis cela au grand jour, est l’anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber, à l’occasion d’un article paru dans la revue britannique Strike! en 2013. Il explique que le progrès technologique, à défaut d’avoir réduit le temps de travail hebdomadaire, a fini par créer plus de tâches et plus de métiers inutiles. Les premiers touchés selon lui, sont les cadres dans l’industrie, les PDG ou encore les avocats d’affaires, sur qui il a basé son étude. Une étude publiée par Corporate Balance Concepts, menée auprès de 1 000 dirigeants américains a conclu en effet en 2013 que 40 % d’entre eux souffraient de brown-out. 55% des salariés en France jugent que le sens au travail s’est dégradé, selon une étude réalisée en 2018 par le Cabinet Deloitte. Mais en dehors de ces chiffres, il est bien difficile d’établir la réalité sur la croissance du Brown-out.

Brown out

Pourquoi les leaders sont-ils plus touchés ?

Les premières causes peuvent être relatives à l’hygiène de vie, notamment parce que 77%* des cadres dirigeants s’avèrent hyperactifs sur les appareils numériques et ont du mal à s’endormir, s’ils sont utilisés jusqu’au moment du coucher. Ils amènent un manque de récupération pendant la nuit, qui peut jouer sur l’humeur du lendemain. La seconde cause fréquente est que des personnes jusqu’ici expertes dans leur domaine se retrouvent à gérer des responsabilités managériales ou commerciales, qui prennent de plus en plus le pas sur l’expertise métier, voire technique. La vigilance est donc de rigueur lors des promotions, lorsque l’on prend en charge des fonctions ou des dossiers qui sont trop éloignés des fonctions habituelles. Le risque est d’être débordé par le travail et le peu d’engagement des autres autour de soi.

* Source Cadre Emploi.

 

Comment le Brown-out se manifeste-t-il ?

Les symptômes sont en général dissimulés et n’empêchent pas pendant un long moment la personne de fonctionner et de donner l’impression d’être bien dans son poste.  Si vous ressentez de plus en plus plusieurs des manifestations suivantes, posez vous la question de savoir si vous ne souffrez pas de brown-out :

  • le sentiment d’absurdité, d’inutilité et d’aberration du travail à réaliser ;
  • la perte d’attention lors de la réalisation des tâches ;
  • la perte du sens de l’humour dans les relations professionnelles ;
  • la démotivation progressive avec irritation et apathie ;
  • la crise existentielle et remise en question professionnelle et personnelle ;
  • l’anxiété, voire la dépression.

En résumé si vous avez le sentiment de perdre votre motivation quotidiennement, vous êtes probablement déjà en brown-out. Vous n’avez plus envie de vous investir. Vous regardez les réunions comme un théâtre où se joue une comédie à laquelle vous ne voulez plus prendre part, même si vous y passer du temps. Vous n’avez plus aucune envie de vous investir pour les projets en cours ou pour l’entreprise.  Votre vie familiale et sociale est impactée à force de  ressasser que votre vie professionnelle n’est pas un lieu d’accomplissement.  A la longue, vous vous cherchez de plus en plus de raisons de vous trouver des occupations en dehors de votre cadre professionnel, voire familial. Certains vont jusqu’à démissionner sur un coup de tête et chercher à se reconvertir. 

Des précautions à prendre

Lorsque l’on agit que pour des buts, on perd le sens ! Le but utilise des moyens. Le sens s’appuie sur des finalités.

La première des causes du brown-out étant un sentiment grandissant de ne pas avoir de but personnel et précis, le premier moyen pour l’éviter est de faire un pas de côté et de prendre le temps d’élaborer sa stratégie professionnelle pour les années à venir, ce qui ne signifie pas se reconvertir ou se lancer dans l’entrepreneuriat mais redonner du fond à ses fonctions et à ses envies. Cela doit aussi s’accompagner de réflexes, quitte à se reconditionner un peu. Le premier réflexe c’est d’apprendre à sortir de sa routine. L’ennui pompe énormément d’énergie, plus qu’une activité intellectuelle qui dépense déjà à elle seule, 500 calories par jour de notre cerveau (2% de notre poids total), soit 25% de notre énergie quotidienne si nous travaillons dans un domaine comme le tertiaire. Le second réflexe est d’avoir une hygiène de vie plus calme, plus régulière, un sommeil suffisant et une activité physique régulière (3 heures par semaine minimum pour un dirigeant et en général 30 à 40 minutes par jour est l’idéal). Troisième réflexe : changer de secteur d’activité ou de métier si vraiment l’on se sent devenir aussi cynique qu’irritable, à tout bout de champ.

Le brown out

Les 11 symptômes du brown-out

1. Vous travaillez sans pour autant éprouver d’intérêt pour ce que vous faites. Le travail en lui-même est une corvée et ne vous stimule pas intellectuellement.

2. Vous avez l’impression que votre to-do-list ne réduit jamais et qu’il y a toujours plus à faire.

3. Vous ne prenez plus en main votre carrière ni de décisions importantes pour vous-même

4. En réunion, vous contribuez au minimum et voyez d’abord les risques plutôt que les opportunités.

5. Vous avancez toutes les excuses possibles pour les éviter

6. Vous vérifiez vos mails dès le réveil et avant de dormir. Vous êtes collé à votre smartphone le week-end et même en vacances ou entre amis.

7. Vous souffrez physiquement. Vous n’êtes plus en forme, vous mangez gras, ne dormez pas assez et avez abandonné le sport.

8. Vous avez perdu votre sens de l’humour et tendez vers un comportement passif agressif. Si quelqu’un (au travail ou ailleurs) vous demande comment vous allez, vous avez tendance à répondre de manière monosyllabique.

9. Votre vie de famille n’est plus ce qu’elle était. Vous rentrez le soir pour regarder la télévision et montrez peu d’intérêt pour votre époux ou votre épouse et vos enfants. Vos relations amicales s’étiolent et vous ne vous y intéressez plus.

10. Vous ne détestez pas vos boss, mais selon vous ils sont colériques et imprévisibles. Vous ne savez jamais s’ils vont apprécier ou non votre travail.

11. Et finalement, le dernier des symptômes du brown out est la relation au patron. La confiance relationnelle a disparu. Aujourd’hui vous avez peur de ses réactions et ne savez jamais à quoi vous en tenir.

Source : Cadres Emploi

Au-delà des précautions pour éviter le brow-out

Au-delà des précautions personnelles que chacun peut prendre, il est aussi évident que mener une réflexion sur comment réunifier sa vie professionnelle et personnelle, au lieu de la couper en deux, comme deux parties distinctes, peut considérablement redonner de l’énergie et de l’engagement. La partie professionnelle occupe la majorité du temps éveillé d’un leader et elle ne peut être complètement déconnectée de ses besoins existentiels de trouver un sens à sa vie. En renonçant à faire de sa fonction une voie d’accomplissement véritable et d’exiger d’avantage de son travail, le manager ou le cadre dirigeant rejoint la masse de toutes les personnes qui subissent le travail, même en étant mieux armé sur un plan intellectuel. La fonction de leader peut au contraire représenter un espace de création, d’impact pour sa collectivité  et d’expression de soi. Tout compte fait, l’apparition du brown-out chez un leader peut être vue comme un appel au courage, à l’audace, à l’imagination et à la recherche d’une voie plus singulière et plus riche, intérieurement comme extérieurement.

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