A la rencontre de Daïna Herpe

A la rencontre de Daïna Herpe

Entretien avec Daïna Herpe

Spécialiste de la conduite du changement et de la relation client.

Daïna Herpe a mené toute sa carrière auprès d’entreprises internationales, à la tête d’équipes en charge du changement dans des organisations complexes. Aujourd’hui en milieu de carrière, elle allie sa solide culture de la diversité à son expérience pour s’ouvrir à de nouvelles voies : la formation et la solidarité. Cela lui procurent autant d’ouvertures personnelles que d’occasions d’exercer sa valeur cardinale : la gentillesse. Portrait d’une femme de son temps, énergique, sensible, volontaire, qui a fait du changement son atout majeur et qui souhaite transmettre aux jeunes générations ce goût pour la remise en question et l’innovation.

” Le plus beau métier d’Homme est le métier d’unir les Hommes. “

Que signifie le changement pour vous Daïna ?

Un état d’esprit avant tout, qui permet de cultiver l’amélioration continue, d’être aligné avec son temps et de s’adapter tel un caméléon.

Mais c’est aussi réfléchir en dehors de la pensée prêt-à -porter, en exerçant son esprit critique, ô combien important de nos jours.

C’est aussi éviter d’être pris dans ses certitudes, ses convictions inébranlables ou de rester dans sa zone de confort.

Cela permet dans tous les cas, à titre personnel ou professionnel, de challenger les modèles en vigueur, d’observer, d’anticiper et d’innover.

Le plus important étant d’être en permanence curieux, de savoir prendre des risques et si possible de co-construire au maximum à plusieurs.

Quelle est votre plus grande force professionnelle ?

La bienveillance.

J’aime avant tout les gens : c’est nécessaire dans mon métier !

Quel est votre plus grand défi aujourd’hui ?

Atteindre la cinquantaine … ce qui signifie à mes yeux : avoir maintenant la responsabilité de transmettre, de partager et faire grandir les autres autour de moi.

C’est aussi celui de trouver un équilibre professionnel et personnel après de longues années d’investissement personnel dans mon métier.

C’est aussi de continuer à innover, d’apprendre et de m’ouvrir à de nouveaux horizons.

Quelles expériences vous ont le plus apporté ?

portrait Daina Herpe

 

  • Bapaume : centre pénitentiaire
     Notre objectif était de proposer à des détenus de pouvoir gérer des demandes de renseignements téléphoniques pour aider à leur insertion.
  • Madagascar et Bénin pour des études d’implémentation
    Le choc culturel, le contact avec la population, le dépaysement, la découverte de territoires si riches ont été des moments de partage très riches en apprentissage et en ouverture
  • Nos quartiers ont du talent
    Lors de mon expérience chez Siemens afin d’aider les jeunes diplômés issus du 93 à trouver leur premier emploi.

Quelles sont les questions que vous poseriez à une personne en quête de sens ?

Comment les autres se sentent-ils grâce à toi ?

… mais aussi, “qu’as-tu construit ?”  et “qu’as-tu transmis ?”.

A une personne qui serait en phase de prendre une décision importante pour l’avenir de son métier, je lui dirais tout particulièrement :

“Garde ton bon sens !”.

L’important dans ces moments là est de faire ce qui est juste et bien, et non ce qui “fait seulement plaisir”.

C’est important de rester aligné avec ses valeurs, de faire preuve de bienveillance et d’agir avec les autres comme si on agissait pour soi-même.

La citation que je transmets le plus autour de moi est la suivante :

“Le plus grand bien que nous faisons aux autres, n’est pas de leur communiquer notre richesse mais de leur révéler la leur “, de Louis Lavelle.

Et à  l’intention de mes enfants, j’ai affiché dans leur chambre la citation de René Char  :

” Il y a deux conduites avec la vie : soit on la rêve, soit on l’accomplit. “

Je crois que tout jeune ou débutant a besoin d’entendre qu’il faut se faire avant tout confiance, faire ses preuves, agir avec instinct et bon sens, là encore. Il faut absolument faire ses propres expériences et accepter l’idée que l’échec est inévitable et conduit à grandir.

Quelle habitude singulière avez-vous pour cheminer dans la vie ?

Je me demande toujours ce qu’un Egyptien, un Marocain ou un Malgache aurait fait à ma place !

Se mettre à la place de l’autre est toujours important, surtout dans un contexte international et multiculturel. Ce n’est pas seulement de l’empathie, c’est avant tout de l’acculturation !

Qu’est-ce qui vous a toujours le plus motivé ?

Je reprendrais juste l’affirmation de Saint Exupéry : “Le plus beau métier d’Homme est le métier d’unir les hommes”.

programme leaders

Entreprendre pour créer de l’impact

Entreprendre pour créer de l’impact

Entreprendre pour créer de l’impact

Entretien avec Marc Jacouton – Fondateur de RSE DEVELOPPEMENT

Quelles sont les rencontres qui ont le plus influencé votre travail ?

Tous les dirigeants de PME…. croisés au début de ma carrière professionnelle, auprès de qui j’ai beaucoup appris et grandi dans des entreprises à taille humaine, mais aussi un voyage professionnel en Inde et au Bengladesh, détonateur d’une prise de conscience et d’un changement personnel, qui a donné un véritable sens à ma vie professionnelle et m’a permis de me sentir encore plus utile dans mon secteur, en lien avec mon éthique et mes convictions environnementales.

Quel ouvrage recommanderiez-vous ?

Un ouvrage pour une personne en quête de sens dans son travail « L’entreprise responsable et vivante : donner du sens au travail avec la RSE » de Louise Browaeys, aux éditions Terre Vivante (2020)

Quel est l’échec qui vous a rendu le plus service dans votre vie ?

Mon passage éclair dans une agence de communication évènementielle réputée (attiré par la lumière des projecteurs, les paillettes des évènements sportifs et autres lancements de produits…). Après 6 mois et le choc du 11 septembre 2001 : prise de conscience, je tourne définitivement la page de la communication publicitaire en agence.

Quelle est votre plus grande force professionnelle et comment l’avez-vous découverte et développée ?

Oser entreprendre et passer à l’action. Dès l’enfance, seul face à moi-même en me lançant des défis imaginaires par le jeu, puis étudiant en réalisant des projets extra-scolaires. Plus tard en 2010 en fondant le cabinet de conseil en stratégie d’impact positif,
RSE DEVELOPPEMENT…

Si vous hésitez à vous lancer dans votre rêve d’entrepreneuriat, voici ce que je vous conseille de vous répéter :

Si vous ne travaillez pas pour vos rêves, quelqu’un d’autre vous embauchera pour les siens !

Quel est l’un des meilleurs investissements que vous ayez fait pour vous-même ou votre métier ?

La publication de mon livre « Performance économique responsable », ouvrage pédagogique et de vulgarisation de la RSE, publié en 2011 aux éditions Démos. Il réconcilie l’Homme, l’environnement et l’économie : cet ouvrage aborde les enjeux du développement durable, en quoi la RSE va s’immiscer progressivement dans tous les métiers de l’entreprise pour la transformer ; notamment illustré par des témoignages de dirigeants PME-ETI, pionniers de la RSE. Il va à l’encontre d’une idée qu m’agace, qui veut que la RSE soit simplement une mode au lieu d’un mouvement de fond.

Quelles sont les rencontres qui ont le plus influencé votre travail ?

Tous les dirigeants de PME…. croisés au début de ma carrière professionnelle, auprès de qui j’ai beaucoup appris et grandi dans des entreprises à taille humaine, mais aussi un voyage professionnel en Inde et au Bengladesh, détonateur d’une prise de conscience et d’un changement personnel, qui a donné un véritable sens à ma vie professionnelle et m’a permis de me sentir encore plus utile dans mon secteur, en lien avec mon éthique et mes convictions environnementales.

Quel ouvrage recommanderiez-vous ?

Un ouvrage pour une personne en quête de sens dans son travail « L’entreprise responsable et vivante : donner du sens au travail avec la RSE » de Louise Browaeys, aux éditions Terre Vivante (2020). Lorsque je suis stressé, je reprends le dessus en m’occupant de mes ruches sur les toits de Paris ou je vais tailler mes oliviers dans la Drôme. Je me reconnecte à la nature et au vivant.

Avez-vous une habitude singulière qui vous aide dans votre métier ou à cheminer dans vos projets professionnels ?

Faire, faire faire et laisser faire !

Avez-vous des croyances qui vous ont vraiment aidé à progresser et réussir ?

Vivons curieux !
Ce qui m’a le plus aidé à progresser ces dernières années, c’est d’accepter l’idée de ralentir. Dans cette cabane au bord de l’océan, je viens chercher la calme et l’inspiration.

Aujourd’hui, à quoi avez-vous appris à dire non facilement ?

Je refuse de céder à la pression de “fausse urgence”. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on oublie l’urgence de l’essentiel !

Quelle est votre citation préférée en ce moment ?

« Il n’y a pas de chiffres qui mentent, il n’y a que des menteurs qui chiffrent… Attention aux chiffres ! »

programme leaders

Comment se libérer et développer ses potentiels avec l’expérience ?

Comment se libérer et développer ses potentiels avec l’expérience ?

milieu de carrière

Comment gérer le milieu de carrière

Entretien avec le psychanalyste Suisse, Denis Steiner.

Si vous ressentez  en milieu de carrière, l’envie de tout plaquer et d’aller vivre loin, ne vous inquiétez pas, c’est normal ! Mais votre libération véritable passe par un autre chemin, plus intérieur. Denis STEINER nous explique à travers sa pratique de la psychanalyse, pourquoi et comment.

Quelques mots

Denis STEINER

milieu de carrière

Denis STEINER est psychanalyste Suisse et auteur d’un premier ouvrage : “Jung et l’alchimie” aux éditions Vie. De formation ingénieur en électronique, il a mené sa carrière à la RTS (TV Suisse). Il rencontre la pensée et les travaux de Carl Gustav JUNG à 30 ans et commence aussitôt sa formation de psychanalyste, en suivant notamment “l’Ecole du Rêve” à Genève. Son premier ouvrage vise à décrire le processus d’individuation propre à CG. Jung, à travers le symbole de l’alchimie. Il prépare un deuxième ouvrage, sur le même thème mais avec la volonté de rendre ce principe si important de la vie, accessible aux néophytex comme vous et moi.

 Interview de Denis Steiner, psychanalyste, sur le milieu de carrière

La liberté ne veux rien dire…

Isabelle Cham : Denis, pourquoi dans une société comme la nôtre, où nous disposons de tant de libertés, avons-nous toujours envie d’être encore plus libres, surtout lorsque la maturité s’installe dans notre vie ?

Denis Steiner : Pour moi, on ne peut pas parler de liberté. C’est une notion trop vague dont il faut se méfier. C’est un slogan des années 60 où le mot « freedom » est mis à toutes les sauces. La liberté évoque un enfant dans un magasin de jouets qui pourrait tout choisir et tout avoir. La vie ce n’est pas ça et, en ce sens, je me fie à l’esprit bouddhiste qui dit que la vie n’est pas facile et qu’elle n’est pas exempte de souffrances. Mais, pour le Bouddha, il existe une voie sure, conduisant à la suppression de la souffrance. En psychanalyse, c’est la voie de l’individuation.

 

Il faut garder une vision réaliste de la vie, qui tienne compte aussi de la souffrance, car la reconnaitre c’est se donner les moyens d’y faire face. Si l’on est dans la difficulté, il ne faut pas fuir, il faut avant tout comprendre. Si l’on n’agit pas en conscience, on risque de se retrouver confronté aux mêmes difficultés dans un cycle qui n’en finit jamais. Ce qu’il faut, c’est se tourner vers des activités qui ont du sens. Cela demande un travail personnel.

Ceux qui réussissent, sont ceux qui savent surmonter la pression

IC : Mais comment faire ce travail d’individuation dans une journée déjà bien remplie ?

DS : Le travail d’individuation demande d’apprendre à lâcher prise. Il y a quelques années en arrière il était difficile de dire : « Je vais méditer » ou « Je vais à mon cours de yoga ». Maintenant, c’est beaucoup mieux accepté. Ceux qui réussissent sont ceux qui savent faire face à la pression, ne pas prendre tout sur eux et qui savent reconnaitre le côté positif des choses. Il y a aussi une littérature abondante aujourd’hui en matière de développement personnel ce qui permet de se remettre en question sur les routines qui s’imposent à nous en milieu de vie. Et puis, se faire aider, au moins pour un certain temps, permet de gagner du temps. On a de la peine à s’appréhender soi-même, le regard de l’autre nous aide dans l’approche de nous-mêmes.

 

ARTICLE DS 6

La maturité amène le désir d’une quête de sens

IC : Mais, à priori, en milieu de vie, on a trouvé sa voie. Pourquoi parler encore d’évolution ? À la recherche de quoi faut-il se mettre à l’écoute ?

DS. : C’est une bonne question et c’est un point qu’il faut bien comprendre : C. G. Jung le célèbre psychanalyste suisse, nous dit que notre vie évolue. Elle peut être comparée à la course du soleil dans le ciel. Il y a tout d’abord l’aurore puis une ascension jusqu’au zénith et de là, il y a une redescente qui nous conduit à la mort. Cette analogie confirme qu’il y a bien à un moment donné un basculement qui nous fait passer de l’ascension à la redescente. Ce point fictif correspond à la crise du milieu de vie. C’est un peu comme en montagne, l’ascension est plus facile que la descente. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il s’agit, dans la première moitié de la vie, de résoudre des problèmes d’ordre matériel. On nous y prépare dès l’enfance et à l’âge adulte nous développons en priorité notre place sociale. La descente est plus difficile parce que les problèmes à résoudre sont plus personnels, ils sont d’ordre spirituel. Ils concernent notre esprit et notre façon de nous situer dans le monde. Ils concernent le sens qu’il faut donner à nos vies. Alors continuer de croire que les problèmes vont se résoudre par des solutions matérielles est une erreur. Les problèmes de la redescente vont se résoudre de préférence par l’introspection et la méditation. Ils vont se résoudre, si l’on sait ce que l’on veut et si l’on arrive à lâcher prise sur le matérialisme.

 

Trop souvent, on voudrait changer les choses — les remplacer — sans comprendre qu’à partir d’un certain stade, on change les choses en les transformant. Il faut oser regarder ses propres défauts, oser faire face à ce qui ne va pas et le transformer. Sinon on risque de rester dans un cercle ou les dysfonctionnements se répètent à l’infini.

ARTICLE DS 7

Votre supérieur vous énerve ? Mais le problème vient peut-être de vos propres questions.

IC. : Mais concrètement comment faire pour retrouver du sens (C.G. Jung parlait même de retrouver son âme !) ?

DS. : La réponse, appartient à chacun d’entre nous. La voie privilégiée, si elle est possible, c’est d’écouter ses propres rêves et de les analyser. Ce qu’il faut savoir, c’est que le langage de l’âme est un langage symbolique, il faut donc un peu d’habitude pour bien le comprendre. De rêves travaillés en rêves travaillés, on va petit à petit prendre conscience qu’il existe, en nous, une énergie psychique que Jung a appelé le Soi. Ce Soi cherche à faire disparaitre en nous les conflits qui naissent des oppositions que nous pouvons avoir à l’intérieur de nous-mêmes ou vis-à-vis du monde extérieur. On dit que le Soi est union des contraires, il nous aide à grandir.

 

#

Prenons un exemple : votre supérieur vous énerve. À vos yeux, il est nul et fait tout le contraire de ce que vous feriez à sa place. Le problème ne vient peut-être pas de lui. Il vient peut-être de vous qui avez un problème avec son autorité et le rôle qu’il est censé jouer. Si vous comprenez la source de ce conflit, peut-être pouvez-vous mettre en place quelque chose en relation avec vos valeurs au lieu d’alimenter sans cesse votre rancœur. Et dans cet exemple, changer d’entreprise pour vous remettre sous la houlette d’un autre chef ne sert à rien. Vous retomberez très vite dans les mêmes difficultés. Seul un changement de point de vue, qui va dans le sens d’une prise en charge de vous-même, peut résoudre votre problème. Mais cela, il faut le voir, et c’est là que le travail sur soi peut être très utile.

 

ARTICLE DS 5

Il faut savoir regarder en face cette envie de prendre le pouvoir !

IC. : Il faut savoir regarder en face cette envie de prendre le pouvoir !

DS. : Les bouddhistes soulignent que le pire ennemi est l’ignorance. En appliquant uniquement des solutions matérielles, ce n’est pas suffisant. Il faut regarder le côté positif de cette envie de prendre le pouvoir et utiliser cette énergie pour la mettre au service d’une formation personnelle par exemple, qui aura plus de chances de déboucher un jour sur un poste à responsabilités. Ou alors, admettre qu’on ne sera jamais chef et que la solution, pour soi, c’est de faire au mieux son travail et de se tourner vers d’autres activités en dehors de son travail. Ce processus, que l’on appelle le processus d’individuation en psychanalyse, consiste à devenir un individu, à savoir quelqu’un qui n’est plus divisé, qui n’est plus en inflation ou en colère vis-à-vis du monde, mais qui, au contraire, est devenu — entier — dans sa vie, dans ses activités et dans sa relation avec les autres.

IC. : Mais tout cela conduit forcément à des changements de vie que chacun n’a pas forcément le courage d’affronter ?

DS. : Pas forcément, parfois une reprise de contact avec la nature suffit. Partir marcher, se promener, contempler le monde qui nous entoure permet déjà de sortir de la boucle infernale de la rancœur, de la déception et de la rumination. Nous sommes dans un monde où le choix des possibles augmente sans cesse. Il faut donc faire des choix. Je vais faire une comparaison avec la nourriture : dans les magasins actuels, il y a beaucoup de choix, mais quels sont les articles vraiment nécessaires et indispensables à la vie ? Les légumes, le poisson, la viande de bonne qualité et quelques ingrédients comme le sel, les épices ou autre. Pour le reste, en grande partie, c’est du superflu, au mieux neutre pour la santé et au pire nuisible.

ARTICLE DS 4

S’étourdir d’activités ne conduit qu’à s’éloigner de soi et à se déresponsabiliser

 

C’est un peu pareil dans les activités, on peut faire un tas de choses, mais quelles sont les activités qui sont vraiment indispensables à la vie et qui sont véritablement bénéfiques ? La vie moderne nous oblige à faire des choix alors autant garder ce qui est indispensable à la vie et au bonheur de chacun. Souvent, les gens qui en ont assez tentent de changer en premier leur vie professionnelle ou leur vie sentimentale. C’est l’égo et le moi qui se mettent en avant pour réclamer ce qui semble être un dû. Le réflexe à avoir dans ces cas-là serait plutôt de s’arrêter, de faire une pause, et de regarder au fond de soi-même ce qui cherche à se dire. Si l’on a le sentiment de ne pas être à sa place, il faut essayer de faire changer les choses, mais sans forcément tout faire exploser.

IC. : Dis autrement, se sentir libre en milieu de vie, c’est d’abord devenir plus réaliste ?

DS. : Oui, car nous sommes faussés par des siècles de pensée chrétienne qui présupposent l’existence d’un Dieu bon et bienveillant envers l’homme, à qui il suffit de s’en remettre pour bien vivre sa vie. C’est une façon de se déresponsabiliser et de croire à un bonheur qui viendrait de façon naturelle. Or il existe une façon de penser bien plus réaliste, qui admet l’inévitable côté sombre des choses, les désillusions, le vieillissement, la maladie, l’isolement, les deuils, l’absence de sens, les choix difficiles et même notre propre mort. C’est en prenant conscience de cela que l’on cesse progressivement d’espérer que le changement vienne de l’extérieur.

 

ARTICLE DS 2ARTICLE DS 2

 

Trouver un sens à sa vie est primordial

La liberté qui était le sujet qui a amorcé notre discussion pose problèmes dans les deux sens : il n’est pas bon d’en manquer, mais il est aussi problématique d’en avoir trop ! Parce qu’alors se pose la question du sens, qu’est-ce que je fais de mon temps et de ma vie.

Il y a quatre grandes causes de perturbation dans nos vies dont parle la thérapie existentielle : la mort, la liberté, l’isolement fondamental, l’absence de sens. Les quatre sont des facteurs anxiogènes.

La question du sens est primordiale et c’est pourtant le parent pauvre de nos raisonnements. Faire une vraie recherche de la cause du mal nécessite de bien identifier d’où viennent les problèmes. On est souvent surpris : ils ne sont pas là où on les attendait le plus. C’est cela le travail d’individuation. C’est ce que demande la seconde phase de vie, une réponse claire sur le sens.

Bien sûr, on ne peut pas tout changer, mais mieux vaut négocier un petit espace d’indépendance à partir duquel notre originalité pourra émerger plutôt que de chercher à remplacer un système de dépendance par un autre, car tout au fond de nous, quelque chose demande toujours de pouvoir s’épanouir et de pouvoir grandir.

=> Retrouver l’actualité de Denis Steiner

Suggestions